Thème Domvs 2011 – 2012: " Famille et sacrements "
Après avoir proposé ces dernières années des thèmes touchant à la vie pratique des foyers, nous consacrerons cette nouvelle année aux sacrements. C'est un thème davantage spirituel, invitant à rechercher la perfection pour soi-même afin de rayonner familialement.
« La Famille, Eglise domestique… »
…fondée sur le sacrement du mariage
"Dans la vision chrétienne, le mariage, élevé par le Christ à la très haute dignité de sacrement, confère une plus grande splendeur et profondeur au lien conjugal, et engage plus profondément les époux qui, bénis par le Seigneur de l'Alliance, se promettent fidélité jusqu'à la mort dans l'amour ouvert à la vie. Pour eux, le centre et le cœur de la famille est le Seigneur, qui les accompagne dans leur union et les soutient dans la mission d'éduquer les enfants vers l'âge mûr. De cette manière, la famille chrétienne coopère avec Dieu non seulement en engendrant la vie naturelle, mais également en cultivant les germes de la vie divine donnée dans le baptême", rappelait Benoît XVI (Discours à l'Assemblée Plénière du Conseil Pontifical pour la famille du 13 mai 2006).
Saisissons l’occasion de réfléchir sur la valeur du sacrement de mariage. Revenons sur l’engagement que nous avons pris, cet échange de "oui"… Comment le vivons-nous tous les jours ?
…lieu de la sanctification mutuelle des époux et des enfants
La grâce du sacrement de mariage soutient les époux dans leurs devoirs : aide mutuelle dans la sanctification (Rôle des prières personnelles et conjugales) afin de coopérer à l’édification spirituelle des enfants (Rôle de la prière familiale). Le sacrement du mariage confère aux époux des grâces spéciales pour les aider à remplir leur mission d’édification du Royaume de Dieu.
Posons-nous la question : faisons-nous l’effort de mettre de côté nos soucis matériels pour nous consacrer à notre sanctification et à celle de ceux qui nous ont été confiés ?
Jean-Paul II peut affirmer :
"La conscience aiguë et vigilante de la mission conférée par le sacrement de mariage aidera les parents chrétiens à se consacrer au service éducatif de leurs enfants avec une grande sérénité et, en même temps, avec le sens de leur responsabilité devant Dieu qui les appelle et leur confie le soin d'édifier l'Eglise dans leurs enfants" (Jean Paul II, Familiaris Consortio, $ 38).
Dès lors, la préparation aux sacrements est familiale et se fait à chaque instant ; le prêtre ne peut pas remplacer la famille. Léon XIII insistait déjà sur l'importance du rôle des parents: "Que les parents réfléchissent donc que s'ils ont le grave devoir d'assurer l'entretien de leurs enfants, ils ont celui, beaucoup plus grave encore, de les élever pour une vie meilleure et plus importante: celle de l'âme". Plus tard Pie XI dans l'Encyclique Casti Connubii: "Ces enfants, reçus de la main de Dieu..., les époux les regarderont comme un talent qui leur a été confié par Dieu, et qui ne doit pas être utilisé dans leur propre intérêt, ni dans l'intérêt terrestre de la société, mais qui devra, au jour du jugement, être restitué à Dieu avec le fruit qu'il aura dû produire". Et ce sont bien les sacrements qui nous font grandir et donner du fruit ! N'hésitons pas à former nos petits dès le berceau. C'est en "buvant" la foi avec le lait de leur maman que cette vie surnaturelle leur deviendra toute "naturelle". La mère reçoit ici une mission toute particulière. Nourris des sacrements dès le plus jeune âge, nos enfants en vivront vraiment ; cette vie de foi sera en eux, non plaquée, et donc fragile, mais inscrite au plus profond d'eux-mêmes pour la vie entière.
Les sacrements de l’Eglise domestique
Un don du Christ et de l'Eglise
Jésus ne nous a pas laissés seuls après son Ascension : Il a institué les sacrements pour accompagner les hommes dans leur vie terrestre. Ce sont les sacrements du Christ et de l'Eglise, puisque c'est l'Eglise qui a précisé leur signification profonde à partir de la Révélation.
Autrefois, les chrétiens vivaient plus des sacrements que de la Parole de Dieu. On voyait rarement une Bible dans une famille chrétienne, mais les gens communiaient et se confessaient régulièrement ; c'était là une conséquence de la séparation avec les réformés. Aujourd'hui, nous sommes invités plus facilement à étudier la Parole de Dieu; et cela est fort bon (cf. Benoît XVI, Verbum Domini). Mais il ne faudrait pas que cette restauration très souhaitable de la Parole de Dieu n'entraîne une méfiance à l'égard des sacrements, ou même seulement une diminution de leur importance.
Les sacrements et l'enfant
Les sacrements n'ont pas d'autre but que de nous relier au Christ d'une manière immédiate, dans la foi, l'espérance et la charité. L'enfant comprend facilement le langage symbolique des sacrements, avant qu'il ne soit capable de profiter pleinement de la Parole de Dieu ; il croit en la présence de Jésus dans l'Eucharistie. Il est attiré par l'Eucharistie, par cette présence invisible, dès lors que sa mère sait l'éduquer dans sa foi. Il aime venir rendre visite à Jésus ; si sa mère l'oublie, il le lui rappelle : "Pourquoi passes-tu devant l'église sans y entrer ? Il est là et tu passes sans Lui rendre visite..." Oui, l'enfant a le sens de la Présence divine. Les sacrements présentent en quelque sorte le côté "affectif" de la grâce du Christ, le côté de son Amour, de son cœur. Saint Augustin disait que "les sacrements jaillissent de la blessure du cœur de l'Agneau". C'est de cette surabondance d'Amour dont les parents ne doivent pas priver leurs enfants dès le plus jeune âge.
La vie de la famille au rythme des sacrements
La Baptême, sacrement de l’initiation chrétienne par excellence
Comment vivons nous chaque baptême dans nos familles ? Est-ce uniquement un événement culturel et familial ? Ou saisissons-nous l’opportunité d’en faire une initiation pédagogique de nos enfants ? Quels liens avons-nous développés dans notre famille autour de ce sacrement de la « renaissance » ?
La Confirmation
Que nos enfants ont-ils retenu du sacrement de confirmation ? Comment vivent-ils après l’avoir reçu ? Ont-ils conscience d’avoir acquis une certaine « maturité spirituelle », maturité qui leur confère les grâces nécessaires pour affronter la vie sociale en parfait chrétien, libre et responsable ?
Et nous parents, dans quel état d’esprit sommes-nous pour préparer cette étape importante avec eux ?
La Pénitence, sacrement de la paix familiale
« Un père qui s’élève, élève sa famille ! » Nous servons-nous suffisamment de cet « outil » puissant, pour purifier notre conscience, nous "remettre en question", connaître nos qualités et nos défauts, identifier nos axes de progrès et d’amélioration, "repartir de zéro" ? Quels exemples donnons-nous aux autres ?
L’Ordre
Quelle place donnons-nous aux vocations dans nos familles ? Nos prières familiales et conjugales prévoient-elles de consacrer un moment à ces intentions ? Quelle image du prêtre donnons-nous à nos enfants ? En invitons-nous de temps en temps à la maison ? Parlons nous d’eux avec respect ?
L’Onction des malades
Comment la maladie ou la vieillesse est-elle vécue dans nos familles ? Savons nous parler de la mort, de la souffrance, de la nécessité de se préparer à comparaître devant notre Seigneur ? Le thème de l’Au-delà est-il un sujet de discussion comme les autres ? Savons-nous accompagner nos anciens ou nos malades et leur apporter réconfort, courage et paix ?
L'Eucharistie, le plus grand des sacrements
Les sacrements sont ordonnés à l'Eucharistie "comme à leur fin spécifique" (Saint Thomas d'Aquin). Jésus-Hostie est la nourriture de toute la famille, reçue au moins chaque dimanche.
Oui, la famille qui vit de la grâce du mariage et des sacrements est "patrimoine de l'humanité" (Benoît XVI).
Bonne année Domvs !