Thème de l'année 2006-2007 : La Femme, cœur de la famille

Le 31 juillet 2004, le cardinal Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, signait la lettre aux évêques de l'église catholique sur la collaboration de l'homme et de la femme dans l'église et dans le monde. Il y précisait : « Ces dernières années, on a vu s’affirmer des tendances nouvelles pour affronter la question de la femme : Une première tendance souligne fortement la condition de subordination de la femme, dans le but de susciter une attitude de contestation. La femme, pour être elle-même, s’érige en rival de l’homme. Aux abus de pouvoir, elle répond par une stratégie de recherche du pouvoir. Ce processus conduit à une rivalité entre les sexes, dans laquelle l’identité et le rôle de l’un se réalisent aux dépens de l’autre, avec pour résultat d’introduire dans l’anthropologie une confusion délétère, dont les conséquences les plus immédiates et les plus néfastes se retrouvent dans la structure de la famille. Une deuxième tendance apparaît dans le sillage de la première. Pour éviter toute suprématie de l’un ou l’autre sexe, on tend à gommer leurs différences, considérées comme de simples effets d’un conditionnement historique et culturel. » Quelle remarquable description de ce à quoi nous assistons aujourd’hui dans notre société contemporaine : revendication de l’égalité des sexes, sacro-sainte parité homme-femme, idéologie du « gender »…autant d’offensives, qui sous le masque de la défense de la « liberté » conduisent à remettre en cause les conceptions traditionnelles de la famille et le rôle de la femme au sein de celle ci.

Cette année, nous nous proposons donc de contempler la femme en tant que « cœur de la famille », selon l’admirable expression du Pape Pie XI, d’en contempler la profonde dignité, selon celle du Pape Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique du 15 août 1988 « Mulieris dignitatem ».

La vocation de la femme

Dès le commencement, l’émerveillement d’Adam – « celle-ci cette fois est os de mes os et chair de ma chair » (Gen, 2,20) - souligne que la femme est appelée à être le bonheur de l’homme, qui ne peut trouver en aucune autre créature l’aide qui lui soit adaptée. C’est cette mission qu’elle réalise pleinement en tant qu’épouse.

Au coté de l’homme, la femme est « destinée à être mère ; au sens physique du mot ou bien dans un sens plus spirituel et élevé, mais non moins réel » (Pie XII). Apparaît ici le « génie » de la femme, celui de la vocation à la générosité du don. Don de la vie par la maternité physique ou spirituelle, don de soi, don à travers l’éducation, autant d’œuvres d’amour au service de l’autre.

Face aux exigences de la parité, on mettra en évidence également les aptitudes particulières de la femme, qui peuvent être résumées en une primauté de l’intériorité (« plus la femme est sainte, plus elle est femme », disait Léon Bloy) et une habileté à appréhender peines et détresses, au point de développer une réelle pédagogie de la souffrance.

Enfin, la femme a bien évidemment un rôle social déterminant. Et c’est pourquoi sa perversion à laquelle travaille la culture de mort conduit plus sûrement que tous les maux à la destruction de la société. On pourra ainsi étudier combien est diabolique la prétendue « libération de la femme » qui conduit objectivement à sa négation et logiquement, à l’effondrement de la société.

Au centre du foyer

Forte de ces talents, la femme est naturellement le cœur de la famille : elle peut et doit revendiquer la royauté de l’amour qui lui revient (Pie XI). Comme épouse et mère, elle est le soleil de la famille (Pie XII). Cœur ou soleil, elle est ainsi au centre du foyer pour lui donner une âme, une atmosphère, une chaleur, en fait une marque proprement chrétienne, celle de l’amour se donnant, se sacrifiant, éduquant tant par les actes que par les paroles. On étudiera donc ce double rôle d’épouse et de mère.

Comme épouse, la femme est éducatrice de l’amour de celui auquel Dieu a donné le commandement d’aimer (« Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Église ». Eph. 5,25). Par sa douceur, sa tendresse, sa pudeur, sa soumission attentive, elle « force » le cœur de son mari. Elle est « appelée à témoigner du sens de l’amour authentique, du don de soi et de l’accueil de l’autre qui se réalisent spécifiquement dans la relation conjugale » (Jean-Paul II - Evangelium Vitae, n°99). De même, elle doit aider à la croissance de l’Amour de Dieu de son époux, notamment par la primauté de l’intériorité qui la caractérise. Elle sera pour lui un véritable « vitrail de Dieu » si elle est parfaitement femme, réalisant pleinement alors sa vocation et illustrant parfaitement le mystère d’admiration qu’elle est pour l’homme.

Comme mère, elle est chargée de l’éducation spirituelle des enfants, qu’elle réalisera d’autant mieux qu’elle rayonnera elle-même de l’amour de Dieu pour ceux dont elle a la charge. « Ce n’est pas la révélation de l’amour de Dieu qui nous a fait comprendre l’amour d’une mère, mais c’est l’amour de notre mère qui nous a fait comprendre ce qu’était l’amour de Dieu » (Père Charmot, L’amour humain de l’enfance au mariage). Elle se doit aussi d’éveiller aux « mystères de l’amour et de la vie » les tout-petits et plus tard, les filles et de façon plus générale, par l’exemple du don, par le sens du sacrifice dont elle témoigne à chaque instant, elle façonne la mentalité de ses enfants.

Et Marie conservait toutes ces choses en son cœur

C’est en Marie que se réalise parfaitement l’unité de la maternité et de la virginité. Parce qu’Elle est ainsi icône de la fécondité et du don exclusif de soi, inséparable de la pureté, la Très Sainte Vierge éclaire par son mystère celui de la femme, dont la vocation est finalement bien celle du cœur.

Propositions de topos pour les groupes

  • Marie, femme, épouse et mère.
  • "Marie, plus mère que reine" (Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus).
  • Eve et Marie.
  • Marthe et Marie de Béthanie.
  • Les femmes dans l'Evangile.
  • Les femmes de l'Ancien Testament.
  • Les qualités et les défauts présumés des femmes.
  • Ce que les hommes ne comprennent jamais.
  • Méditation autour de : Ephésiens, 5, 21-33.
  • Portraits de saintes mères de famille.
  • La femme dans l'Islam.
  • La mère, miroir de Dieu.
  • Les femmes dans la liturgie (service de l'autel, ministères ordonnés)
  • Grandes mystiques féminines.
  • La pudeur et son rôle social.
  • Le plan de Dieu sur la femme d'après la Genèse.
  • Le travail féminin.
  • Régulation des naissances et contraception.
  • La femme et la beauté.
  • L'épouse sans enfant (adoption et PMA.).
  • La virginité consacrée.
  • La transmission de la foi par la mère.
  • La place de la femme dans la société : du moyen âge au XXIe siècle.
  • La mère au foyer.
  • La mère : présenter son travail.
  • Comment préparer une jeune fille à être épouse et mère?
  • Dignité et caricatures de l'amour maternel.
  • Les langages de l'amour.
  • L'amour de l'épouse envers son mari.
  • La mère et l'éducation aux mystères de la vie.
  • Vraie et fausse libération de la femme.
  • Etre grand-mère.
  • Les femmes missionnaires aux XIXe et XXe siècles.
  • L'organisation de la maison : répartition des rôles.
  • Le rôle de la mère aux différents âges de l'enfant.
  • L'Eglise est-elle misogyne ?


Bibliographie

Magistère :
  • Casti Conubii,
  • Pie XII : Discours au Congrès de l'Union catholique italienne des sages-femmes, 1951 (disponible ici).
  • La femme dans l'enseignement des papes, Solesmes, 1982.
  • Jean-Paul II, Lettre apostolique "Mulieris dignitatem", 1988.
  • Jean-Paul II, Lettre aux femmes, 29 juin 1995.
  • Jean-Paul II, La femme (textes choisis par Solesmes), Le Sarment, 2001.
  • Congrégation pour la doctrine de la Foi, la femme et le sacerdoce, Le Laurier, 1994.
  • Card. Ratzinger, La place de l'homme et de la femme dans la famille, dans la société et dans la politique, Le Laurier, 2005.


Etudes :
  • G. Von Le Fort, La femme éternelle, Cerf.
  • M. Clément, La femme et sa vocation, N.E.L.
  • Card. J. Mindszenty, La mère, miroir de Dieu, Mame, 1996.
  • J. Croissant, La femme ou le sacerdoce du cœur, E.D.B., 1992.
  • G Blanquière, La grâce d'être femme, Saint-Paul, 1997.
  • J. Hourcade, La femme dans l'Eglise, Téqui, 1986. (Du même auteur : Pourquoi la femme ? Femmes mystiques).
  • M. Sinoir, La question de l'admission des femmes au service de l'autel, Téqui, 1994.
  • R. Pernoud, La femme au temps des cathédrales, le Livre de poche.
  • A. M. Pelletier, Le christianisme et les femmes, Cerf, 2001.
  • M.P. Del plancq-Nobécourt, Oser être mère au foyer, Albin Michel, 2001.
  • P. Lemoine, Transmettre l'amour, Nouvelle Cité.
  • S. Morgenstern, Une Mère, comment ça aime ?, La Martinière.
  • C. Tricot, Le mariage et la transmission par la famille : les parents de Thérèse de Lisieux. F. X de Guibert, 2004


Revues :
  • Permanences n° 384 : "Réinventer le féminisme".
  • La Nef n° 149, 2004 : "l’Eglise et la femme".