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Thème de l'année 2005-2006 : le travail et notre famille« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » dit la Genèse (ch 3). Le travail ne serait-il donc qu'une punition inévitable due à la nécessité de pourvoir à sa subsistance ? Un besoin auquel on ne peut échapper, un obstacle à notre épanouissement personnel, à l'accomplissement de nos responsabilités d'époux ou d'épouse, un écran entre notre vie de famille et nous ?
Non, le travail n'est pas une sorte de châtiment ou une conséquence du péché originel. Dès les premiers versets de l'Ecriture, l'homme apparaît au centre de la création, avec la mission de la parfaire par son travail. Adam n'avait pas encore péché lorsque Yahvé prit l'homme et le plaça au jardin d'Eden pour le travailler et le garder. Dans le premier chapitre de la Genèse, l'homme et la femme créés à l'image de Dieu, reçoivent comme consignes : « Soyez féconds, multipliez vous, emplissez la terre, et soumettez-la. » Cette dernière prescription n'est-elle pas une invitation au travail qui vient prolonger et imprimer une marque humaine à l'œuvre de Dieu ? Le péché originel ne lui retire pas cette dimension, mais il l'alourdit du poids de la nécessité et de la fatigue.
Dieu a créé l'homme « à son image et à sa ressemblance ». Or, « Dieu lui- même travaille incessamment, écrit saint Vincent de Paul, Il ne cesse point de travailler à la conservation de ce grand univers, ...De plus il travaille avec chaque créature particulière. Il travaille avec l'artisan en sa boutique, avec la femme en son ménage. L'homme travaille parce qu'il est à l'image de Dieu. » Le travail est « la collaboration de l'homme et de la femme avec Dieu dans le perfectionnement de la création » CEC 378. Le travail est un exercice concret de la filiation divine.
« En venant au monde l'homme ne dispose pas de ce qui est nécessaire au développement de sa vie corporelle et spirituelle : il a besoin des autres... Les talents ne sont pas distribués également... Dieu veut que ceux qui disposent de talents particuliers en communiquent les bienfaits à ceux qui en ont besoin et que les hommes aient ainsi l'occasion par nécessité, de pratiquer la charité les uns envers les autres » CEC 1936, 1937
« A l'homme, à son humanité, Dieu a confié le monde visible comme don et en même temps comme tâche. C'est-à-dire qu'il lui a assigné une mission précise : réaliser la vérité sur lui-même et sur le monde. L'homme doit se laisser guider par la vérité sur lui-même, pour pouvoir modeler selon fa vérité le monde visible, s'en servant correctement pour ses fins, sans en abuser. En d'autres termes, la double vérité sur le monde et sur lui-même est le fondement de toute intervention de l'homme sur le créé. » Jean-Paul II, Mémoire et Identité, 2004.
Paraphrasant l'expression de saint Irénée, Jean-Paul II poursuit : « La gloire de Dieu, c'est le monde perfectionné par l'homme selon l'amour de Dieu ».
Le travail aide l'homme à prendre mieux conscience de son être personnel, à exprimer et à développer son intelligence et sa créativité. Le travail bien fait manifeste aussi la générosité, la solidarité humaine, le dévouement, l'esprit de service et de sacrifice, à l'égard de sa propre famille d'abord, mais aussi à l'égard de toute la société. Le travail et l'accomplissement des taches ordinaires de la vie peuvent être les manifestations les plus concrètes de la vertu de charité.
Le travail n'aura de valeur surnaturelle et ne fera grandir la véritable dignité de celui qui l'accomplit que s'il est offert à Dieu et converti en prière. Dans ce petit « royaume de Dieu » qu'est la famille doivent s'harmoniser les travaux et responsabilités de chacun : le travail professionnel - du père comme celui de la mère (s'il en est) -, la présence nécessaire à la maison pour l'éducation des enfants, les soutiens concrets accordés à la mère, le travail au foyer,...
Aussi, cet équilibre et cette harmonie ne se trouveront qu'avec l'aide de la vie intérieure développée notamment par la prière individuelle, conjugale et familiale et par la communication entre les époux concrétisée par le point d'effort.
C'est le modèle de la Sainte Famille que nous avons à suivre : la sanctification du travail de saint Joseph, la présence attentive de la sainte Vierge, les trente années du Christ à Nazareth.
Propositions de topos pour les groupes :
Le travail intellectuel et le travail manuel
Apprendre à travailler
L'éducation des enfants au travail
Le travail professionnel des femmes
Le travail au foyer
L'ambition professionnelle
les 35 heures
Le syndicalisme chrétien
La sanctification du travail
Le travail, une nécessité familiale
Le chômage
Les études supérieures des enfants
Le juste salaire
Vraie et fausse fatigue
Comment faire face aux structures de péché (pots de vin, réseau d'influence...)
Présentation d'un catholique social : Albert de Mun, René la Tour du Pin, Frédéric Le Play...
Des chrétiens travailleurs ou des travailleurs chrétiens ? Etre apôtre dans son milieu professionnel
Y a-t-il une manière chrétienne de gérer une entreprise?
La doctrine sociale de l'Eglise
Travail et vie de famille
Organisation personnelle et familiale
Le principe de subsidiarité
L'éducation de la volonté chez l'enfant
Le plan divin sur le travail
Les dangers : paresse et fébrilité
La sanctification de l'instant présent
Outre divers ouvrages sur le catholicisme social et la doctrine sociale de l'Eglise, on pourra s'appuyer sur les lettres et encycliques suivantes :
Rerum Novarum, Léon XII, 1891,
Centesimus Annus, Jean-Paul II, 1991,
Laborem Exercens, Jean-Paul II, 1981